• Quelques notes en –

    Vous voulez la fin du premier chapitre du préquel ? OK…

    ***

    (…)

    [De Matt : On arrive. Faut qu’on parle.]

    Je ferme la messagerie, et comme toujours, ton visage se rappelle à mon bon souvenir. Des mèches te cachent un peu les yeux, ce n’est pas la plus récente ni la plus belle photo de toi, mais j’ai une tendresse particulière pour le souvenir qui s’y rattache.

    Depuis des jours, tu ne jouais du piano qu’au casque. Tu ne voulais plus que je t’écoute, jusqu’à ce que tu déclares que tu étais prête. Et là, pour la première fois, tu as réussi à jouer un morceau sans la moindre fausse note, l’un des miens en plus. Le rythme était encore hésitant, mais la mélodie était juste et reconnaissable malgré tout. Même si c’était loin d’être parfait, tu ne peux pas savoir à quel point j’étais fier de toi ! Tu t’étais donné tant de mal que j’avais tenu à immortaliser ce moment en riant, alors que je me prenais un coussin en pleine figure parce que tu pensais que je me moquais de toi.

    Je n’arrive toujours pas à me résoudre à changer ce fichu fond d’écran. Un an, putain ! Mais qu’est-ce que tu fous ? Tu fais chier, Angie ! De rage, je balance mon téléphone contre le mur d’en face. Il explose en réduisant à néant toutes nos photos, et le peu de choses qui me restaient de toi.

    Alors qu’inerte, je fixe les débris de notre passé, on frappe à la porte. Léo, le bassiste des Amadeus, et Matt font leur entrée. Ils me regardent, suivent mon regard, et remarquent mon téléphone détruit et la trace qu’il a laissé dans le plâtre. Léo s’esclaffe :

    — Ça y est, tu fais partie du club des musiciens qui dégradent les chambres d’hôtel !

    Je parviens à lui décrocher un sourire.

    — Comme ça, tu ne pourras plus dire que je suis aussi fun qu’un moine neurasthénique.

    Matt désigne ma guitare, posée à côté de moi.

    — Tu composais ?

    — Un peu…

    — C’est pour ça que ton téléphone a appris à voler ?

    — Non.

    — Des nouvelles de ta meuf ?

    Je préfère éviter de parler de toi là, tout de suite. Même de penser à toi, d’ailleurs.

    — Qu’est-ce qui vous amène ?

    Matt s’assoie dans le fauteuil face à moi et Léo s’adosse au mur près de la porte d’entrée. Ils se lancent un regard que je ne cherche pas vraiment à déchiffrer, puis le leader déclare :

    — Avec les gars, on a écouté les maquettes que tu nous as données.

    Soudain, je m’intéresse plus attentivement à eux.

    — Et ?

    — Effectivement, tu as bien ciblé nos attentes. Est-ce que tu serais d’accord pour travailler avec nous pour faire des arrangements qui nous correspondent davantage ?

    — Bien sûr !

    — OK, on voit ça à la répét dans le zénith dans une heure. Si ça colle, on commence à en chanter une lors de la prochaine date, dans trois jours, histoire de la tester avec du public. Je t’envoie Jo pour régler les détails juridiques. Tu préfères peut-être qu’il passe directement par Paul ?

    — Non, j’aime autant gérer ça seul, dans un premier temps.

    Je commence surtout à être de moins en moins en phase avec mon manager qui a des ambitions dont je me désolidarise progressivement. Alors je préfère voir d’abord comment l’avocat imagine ce premier contrat d’auteur-compositeur pour d’autre avant que Paul y mette son nez et demande des clauses aberrantes.

    — Bon, alors c’est réglé !

    Matt se lève et me tend la main pour m’aider à en faire de même. Il désigne les morceaux de téléphone qui jonchent le sol.

    — Tu devrais songer à ramener une meuf ce soir, ça te détendrait, mec !

    Léo s’esclaffe à son tour.

    — Il a raison. Ce soir, on ne te laisse pas le choix : tu fais l’after avec nous pour fêter cette première collaboration ! On sait très bien comment relâcher la pression, t’inquiète pas !

    Il n’a pas tort, je vais écrire une nouvelle page. Bon, je ne vais peut-être pas la fêter comme il espère, mais tu vois, tu ne m’as pas totalement détruit : je vais avancer, avec ou sans toi !

    La seule différence, c’est qu’avec toi à mes côtés, cette petite victoire personnelle aurait une toute autre saveur…

    Mais qu’est-ce que tu fous ? Tu me manques, putain !

    ***

    Alors, qu’en avez vous pensé ? N’hésitez pas à me donner votre avis et à partager.

    Bisous

  • Quelques notes en –

    Suite à la remarque de lectrices qui voulaient savoir ce qu’avaient fait Ben et Angie durant leur séparation, j’ai écrit un préquel, intitulé Quelques notes en moins, que j’ai joint en bonus à la version broché.

    Il s’agit de 6 chapitres, chronologiquement entre Ne nous divise pas et
    Par A + B. Ils qui relatent les 3 anniversaires de leur séparation, du point de chacun.

    Vous voulez un extrait du premier chapitre ? C’est parti…

    ***

    Chapitre 1 : Avril 2014 (Début du chapitre)

    1 an… – Ben 

    Un an, aujourd’hui.

    Douze mois que tu m’as abandonné en me laissant seul avec mon chagrin, les débris de mon âme et tous nos souvenirs.

    Huit-mille-sept-cent-soixante heures que je suis comme une musique à laquelle il manquerait des notes : la mélodie est là, toujours reconnaissable, mais imparfaite et un peu bancale.

    Une promesse sur une partition, voilà tout ce que tu m’as laissé. Un an, ça aurait dû te suffire pour savoir ce que tu voulais vraiment, non ? Il s’est passé des tas de choses dans ma vie durant tout ce temps. Ma tournée bat son plein, tu sais. Bon, je ne suis qu’en première partie des Amadeus and Co, mais le public me connait maintenant que mon album est sorti. Parfois, lorsque je souris, je me tourne pour partager ça avec toi, mais il n’y a que le néant à la place que tu devrais occuper. Où peux-tu bien être ? Pourquoi te caches-tu de moi si tu m’aimes autant que tu me l’as dit ? Est-ce que je te manque autant que tu me manques ? J’espère au moins que ce silence que tu m’imposes t’apporte ce que tu cherchais.

    Tes parents refusent toujours de me dire quoi que ce soit. Eux aussi me manquent. Ils prennent de mes nouvelles parfois, mais leurs appels s’espacent. Le temps érode tout. Même l’affection que les gens se portent. Je leur ai envoyé mon album et des places pour assister à l’un de mes concerts. Ils ne pouvaient pas venir mais ils m’ont remercié et félicité. Ils disent être fiers de moi et suivre ma carrière, contrairement à mes propres parents qui n’ont pas daigné donner signe de vie. Il faut croire que ma vie de « saltimbanque » n’est toujours pas au niveau de leurs attentes.

    Toujours assis à même la moquette de cette chambre d’hôtel pareille à tant d’autre, je pose ma guitare près de moi et je focalise mon attention sur la ville en contre bas. Il est presque midi, la vie bat son plein. En tout cas pour les gens qui ne sont pas aussi brisés que moi. Pour une fois, la vue est agréable. Habituellement, les belles chambres sont réservées au groupe, moi je suis logé comme les techniciens. Mais peu m’importe, c’est toujours mieux que le bus de tournée : définitivement, la vie en groupe, très peu pour moi !

    Ne te méprends pas, je ne regrette pas cette tournée, même si j’aurais préféré rester avec toi plutôt que saisir cette chance. Les Amadeus and Co, tout comme leur équipe de techniciens et autres, sont des mecs géniaux. Ils me permettent même d’utiliser leur matériel pour mes maquettes. Mais ils aiment par-dessus tout faire la fête et profiter des groupies, alors que je n’ai qu’une envie (hormis celle de sentir à nouveau la chaleur de ton corps), c’est écrire et composer. J’ai besoin de cette solitude qui me permet de me recentrer sur ma musique, et dans un bus de tournée, rien n’est plus compliqué !

    Mon téléphone vibre dans ma poche. Un message de Matt, le chanteur et leader du groupe que j’accompagne.

    [De Matt : Tu es où ?]

     [De Moi : Dans ma chambre, porte numéro 322.]

     [De Matt : On arrive. Faut qu’on parle.]